Mardi 9 novembre 2004
mphmm...
Depuis la nuit des temps que l'homme possède cet étrange respect mêlé de crainte pour la mort. Et ceux qui ne le possèdent pas sont qualifiés d'inhumains. D'où nous vient ce sentiment? Même certains animaux l'ont. Si je me souviens bien, les chevaux le sentent. Je me demande parfoir s'ils ne possèdent pas de véritables sentiments...
Enfin, revenons à la mort. C'est étrange de constater à quel point elle peut être subite et surprenante. Comment, parfois, ça peut paraître incroyable. Comme on n'a pas l'impression qu'elle est vraiment passée. Que la personne ne nous jouait qu'un tour de mauvais goût. C'est probablement pour cette raison que l'Homme en est venu à faire des funérailles et des enterrements. De plus, c'est une simple question de respect envers la personne. Pour se confirmer bel et bien que la mort est venue et qu'elle a enlevé l'âme et l'esprit d'un corps.
Vous vous demandez sûrement pourquoi j'aborde aujourd'hui ce sujet. Surtout que c'est un sujet dont je ne voulais pas parler ici. J'ai appris en fin de semaine qu'un grand ami de la famille est mort. (Bien entendu, je l'ai su deux semaines en retard, comme d'habitude...les gens doivent croire que je n'ai pas besoin d'être informée des évènements importants) Je l'aimais braucoup, cet homme épris de liberté et de grands espaces. C'était l'ami de mon père que j'aimais le plus, en fait. Et il est mort. Subitement, en pleine conversation téléphonique. Probablement un anévrisme. Enfin, c'est surprenant, surtout de la part de quelqu'un de si vivant. Et je n'ai pas pleuré. Je n'ai pas pleuré et je m'en sens horriblement coupable. Moi qui pleure si souvent pour un rien, je ne parviens pas à verser une larme pour un mort. Ou, du moins, je pleure avec beaucoup de retard. Est-ce que ça veut dire que je suis insensible? Suis-je un monstre d'inhumanité de pleurer pour un personnage de roman et pas pour un être cher? Donc je me retrouve une fois de plus avec le déchirement des deux moi, qui avait pourtant cessé ces derniers temps. Il y a celle, le monstre, qui est insensible et l'autre, la bonne fille, qui est totalement dégoûtée de la première, donc d'elle-même. Je soupçonne fortement que moi #1 est la bonne fille et que moi #2 est l'Autre. Mais pourquoi, bon sang, pourquoi ce comportement?!? Pourquoi dois-je toujours réagir comme une espèce d'anomalie de la nature?
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J'ai réfléchi à ça. Peut-être que j'ai tellement tenté d'analyser la mort qu'elle en est devenue un fait banal, quelque chose de tout à fait normal et ordinaire. Sauf que cette impression de dégoût persiste, parce que je ne crois pas que l'esprit devrait prendre tellement de place que l'âme se trouve écartée.
Phrase du jour: Quand tout sera mort, l'imagination rebâtira des mondes. - Gustave Flaubert
par Auny
le 2004-11-09 21:40:13
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